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De l’idée à l’objet

« Les fab labs constituent un réseau global de laboratoires locaux, stimulant l’invention en donnant accès aux outils de fabrication digitale. » Ainsi sont-ils définis dans le premier article de la charte, posée par le MIT, qui dessine le cadre général dans lequel évoluera chacun des fab labs se réclamant du réseau.

 

Un voyage en créativité

Mais, au-delà de ce cadre, que trouve-t-on ? Une invitation à dépasser les cadres, justement, et les moyens de le faire. Pourvu, bien sûr, que l’objectif soit de construire.

À l’image du monde d’aujourd’hui, de plus en plus façonné par le numérique, le réseau des fab labs est un organisme protéiforme, en mouvement perpétuel, qui se réinvente sans cesse, au gré de chaque nouveau corps qui s’y arrime. Il est un avatar de la révolution digitale qui modifie en profondeur non seulement les communications, le flux des connaissances et avec eux l’enseignement, mais également, comme l’écrivait en 2012 Neil Gershenfeld, professeur au MIT (le Massachusetts Institute of Technology), dans son article « How to make almost anything »1, les ressources, la fabrication, le commerce… Il répond au besoin croissant d’espaces où la créativité et le faire ensemble transdisciplinaire sont possibles.

 

Au cœur de l’université

Et s’il est un lieu où cette démarche peut être concrétisée, c’est bien l’université. Ni salle de cours, ni laboratoire de recherche, le fab lab est pourtant ce tiers-lieu où la pédagogie par le faire prend tout son sens, où des projets de recherche pluridisciplinaires peuvent se rencontrer, où les générations se croisent, faisant évoluer la relation entre enseignant et étudiant.

Cet espace de coworking doublé d’un atelier est un lieu de réflexion, de partage de ressources et de connaissances, d’expérimentation, de prototypage, totalement décloisonné grâce au réseau dont il est une composante, mais aussi par son ouverture à toutes les populations de l’université Paris Diderot et d’UISPC, aux habitants, aux entreprises…

 

Concrètement ?

Concrètement, on peut y créer des prototypes, des objets pédagogiques, des outils pour la recherche ainsi qu’y réparer du matériel de laboratoire… On peut également s’y autoformer à l’utilisation des machines : imprimante et scanner 3D, découpeuses vinyle et laser, thermoformeuse, brodeuse numérique… Des ateliers participatifs sont réalisables en salle de coworking, équipée notamment d’une table connectée et d’un vidéoprojecteur.

 

Tous les détails…

Charte des fab labs

Les réseaux des fab labs, mis en place à l’initiative du MIT (le Massachusetts Institute of Technology, aux États-Unis) a élaboré une charte, énonçant l’esprit et les principes minimums auxquels doivent se conformer tous les labs s’en réclamant.

" Comment fabriquer presque tout " (introduction)

« Une nouvelle révolution digitale est en marche, qui concerne cette fois la fabrication. Elle participe des mêmes approches que celles qui ont mené à la digitalisation de la communication et du calcul, mais, aujourd’hui, c’est le monde physique plutôt que le virtuel qui est en cours de programmation. La fabrication digitale permettra aux individus de concevoir et produire à la demande des objets tangibles, quels que soient le lieu et le moment.1 »

1. Neil Gershenfeld, « How to make almost anything. The digital fabrication revolution » (en français : « Comment fabriquer presque tout. La révolution de la fabrication digitale », article non traduit), Foreign Affairs, novembre-décembre 2012.